rediffusion du billet édité pour la première fois le 15 février
2005
"c'est un fait, la (dé)fragmentation oppose les stratégies de boeing et
d'airbus sur l'évolution des marchés aériens dans les vingt prochaines années.
le premier affirme qu'il y aura de plus en plus de liaisons point à point
opérées par des avions de moyenne capacité du type 777 et 787, alors que le deuxième
pense que le trafic entre plates-formes s'effectuera par des appareils de
grosse capacité, comme l'a380.
le débat est d'autant plus animé que la (dé)fragmentation touche de plus en
plus d'opérateurs songeant à réviser leur offre à des liaisons plus adaptées
tout en évitant les plaques tournantes. iag se demande
si l'étude actuelle de sas - scandinavian visant à mettre un boeing 757 sur ses
routes transatlantiques ne vote en faveur de la thèse soutenue par boeing. loïc
le meur s'étonne
aussi de la vision livrée par randy baseler sur son
journal anticipant un trafic entre la chine et l'europe qui sera quadruplé
en nombre de fréquences hebdomadaires d'ici vingt ans.
le concept de plate-forme ou "hub
and spoke" a été inventé au début des années 80 suite à la libéralisation
du transport aérien aux états-unis afin de rabattre du trafic au départ
d'aéroports de taille moyenne. décrit comme modèle d'exploitation absolu pour
les transporteurs majeurs, c'est également un moyen détourné pour capter de la
clientèle sur des marchés concurrents. appliqué tardivement en asie et en
europe, il est aujourd'hui le point épineux des compagnies aériennes classiques
américaines qui cherchent à sortir du marasme également créé par ces plaques
tournantes devenues des monstres opérationnels coûteux et peu adaptés
commercialement. la clientèle l'a d'ailleurs bien compris en se retournant vers
des opérateurs offrant des routes point à point, comme les "low-cost"
principalement entre des aéroports plus pratiques d'utilisation.
la nouvelle révolution du transport aérien qui tarde à dire son nom tourne
certainement autour de la (dé)fragmentation. si airbus a raison de dire que le
ciel n'est pas extensible, boeing n'a pas tort de penser à la multiplication
des liaisons directes. la vérité se situe forcément au milieu, mais il faudra
encore arriver à prouver qui verra le plus juste."
réédition du 16 mai 2010 : oui, la conjoncture économique n'a
certainement pas aidé la vision d'airbus, puisque les ventes d'a380 sont
toujours aussi poussives. l'heure de gloire n'est pas encore au rendez-vous.
malgré de nouvelles
annulations, boeing arrive à maintenant le cap de son 787 dreamliner à un
niveau très honorable de commandes