rediffusion du billet édité pour la première fois le 29 janvier 2005

- d'abord -
"timidement dévoilé dans le sillage de la mise au placard du sonic cruiser, boeing vient de confirmer le lancement définitif de son nouvel appareil civil 7E7 dreamliner sous le nom de 787, suite logique après le lancement du 777 en 1990. le projet dévoilé pour la première fois début 2003 est inspiré des études menées sur l'intention vite remisée de l'avion de 250 sièges capable de voler à des vitesses voisines de celles du son, qui avait été présenté au salon du bourget de 2001.
le 787 est proposé aux compagnies aériennes en trois versions. la -3 prévue pour transporter 296 passagers sur des étapes de 6500 kilomètres, la -8 d'une autonomie de 15700 kilomètres comportant 223 sièges et la -9 capable d'acheminer 259 personnes sur 15400 kilomètres. il s'intercale entre le 777 et le 737, remplaçant le 757 abandonné en 2003 et très probablement le 767, dont les ventes civiles s'essoufflent.
il sera principalement construit avec des matériaux composites avancés, dont un mélange de graphite associé à de la résine époxy durcie. son esthétique avant-gardiste de par un nez nouveau, un concept d'aile novateur, et sa dérive arrière sculptée lui donne un penchant à exprimer les designs d'avions dans lesquels nous voyagerons dans le futur.
avec la signature du contrat associé portant sur l'acquisition de soixante appareils pour six transporteurs chinois, le 787 cumule 116 commandes fermes émanant de neuf clients, dont cinquante pour le client de lancement, all nippon airways. d'autres compagnies aériennes comme l'américaine continental airlines, les asiatiques japan airlines et vietnam airlines et l'anglaise thomson airways se sont engagées à hauteur de près de soixante-dix autres 7E7.
mais le 787 représente bien plus qu'un pari technique et marketing innovant. développant une vision bien éloignée de celle de l'airbus a380, il se veut être le point de départ d'une nouvelle ère pour le constructeur américain. une philosophie démarrée avec le 777 qui voit l'avenir du transport aérien reposé sur la défragmentation des marchés, soit sur l'exploitation d'appareils de petite capacité sur des liaisons point à point évitant les plates-formes de correspondances congestionnées. airbus table plutôt sur une forte croissance de routes reliant les plaques tournantes, mais aussi sur la saturation de l'espace aérien. l'industriel européen a part ailleurs réagi au 787 en lançant le mois dernier l'a350, un a330 doté d'une voilure améliorée et d'une motorisation plus économique.
une renaissance à la manière d'une réinvention tendant à se réapproprier le titre de numéro un de l'aéronautique civile mondiale définitivement perdu en 2003. je n'ai qu'un seul regret. qu'il ne s'appelle pas 808 en clin d'oeil au 707 marquant le début de l'aventure à réaction en 1954."

- enfin -
réédition du 1 mai 2010 : comme pour l'a380, le pari technologique et financier de boeing a du être revu de manière drastique avec plusieurs changements de spécifications. le design si révolutionnaire a donné naissance à un avion plus conventionnel qui ne fait plus rêver ses concepteurs. cauchemars plutôt avec trois années de retards et cela ne semble pas être fini. après un premier vol libérateur qui a eu lieu en janvier dernier, le chemin de la certification sera encore long. prévue pour la fin de cette année, elle serait selon certaines rumeurs de nouveau décalé pour une mise en service commerciale début 2011 auprès de son client de lancement, all nippon airways. la compagnie aérienne japonaise a aussi revu son engagement initial en laissant la version -3 sans plus aucunes commandes et d'autres moins patientes ont préféré réaménager ou annuler leurs ordres, à l'image de l'australienne qantas ou de la chinoise xiamen airlines.