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Tag - consommateurs

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dimanche 9 mai 2010

dérive de concept

rediffusion du billet édité pour la première fois le 6 février 2005

"si vous êtes régulièrement en déplacement aux états-Unis, vous avez peut-être remarqué l'existence d'une chaîne de restauration rapide appelée hooters. affublée d'un logo mettant en scène une chouette aux yeux ronds, elle propose depuis 1983 des menus principalement dédiés aux ailes de poulet, crevettes et autres fruits de mer. jusque-là rien d'extraordinaire si ce n'est que le succès de ces restaurants provient plus de son personnel en salle que des menus proposés. ce personnel, exclusivement féminin, porte le nom logique de hooters girls. un concept, que dis-je, une institution basée sur le sex-appeal de filles souriantes aux formes généreuses et vêtues de manière plutôt minimale.

fort de l'aura créée les restaurants, hooters a fondé en 2003 une compagnie aérienne fort logiquement baptisée hooters air. après tout pourquoi ne pas décliner dans les airs le fantasme procuré par les hooters girls, filles à la poitrine opulente et bardées d'un simple tee-shirt moulant et d'un short en guise de seconde peau. rassurez-vous, elles ne pilotent pas encore les boeing 737 et 757, comme la première de page de leur site internet peut le suggérer, elles sont justes à bord pour vous en mettre pleins les yeux, si j'ose dire. plus sérieusement, hooters air propose une dizaine de liaisons à bas tarifs au départ de myrtle beach, paradis des golfeurs, en caroline du sud. c'est une sorte de "low-cost" dont le modèle se développe depuis bientôt deux ans sur la générosité physique des fameuses hooters girls, à bord pour vous faire passer le plus agréable des voyages.

hooters air est une petite compagnie aérienne nichée à l'ombre du concept sexuellement éprouvé de sa chaîne de restauration. elle n'en est pas moins, au-delà de son côté racoleur, une idée de l'évolution du modèle économique qui manque cruellement au transport aérien outre-atlantique."

réédition du 9 mai 2010 : il faudrait aujourd'hui écrire cette note au passé car le modèle a vécu. la crise et la spécificité des marchés desservis sont venus à bout du concept sexy début 2006.

samedi 24 avril 2010

circulez... ils ne sont que 25000 !

air france a de la suite dans les idées. la pagaille créée suite à l'éruption du volcan au nom imprononçable (Eyjafjöll) n'en finit pas d'avoir des répercutions, principalement sur le consommateur perdu et loin d'être une nouvelle fois correctement assisté dans pareille situation. les exemples de proches bloqués à tokyo ou à san francisco, avec consulats fermés, compagnies aériennes aux abonnés absents, ressemblent étonnement aux flots de protestations entendues sur la plupart des médias de la planète. quelle pagaille !

mais la remarque n'est très certainement pas valable que pour le transporteur aérien français. bien sûr nous sommes face à un cas de force majeure rappelant au passage aux êtres humains qu'ils sont loin, très loin, de pouvoir tout contenir de mère nature. alors, le communiqué de presse lâché hier soir par air france s'enorgueillissant d'avoir pris toutes les mesures nécessaires pour rapatrier l'ensemble des passagers piégés me semble relever de l'hypocrisie et de la provocation. ou alors a t-il été établi trop tôt pour taire les journalistes en manque de sensations fortes, n'hésitant pas à taper sur air france au moindre anicroche ?

en effet, au même moment, plusieurs médias statués sur le fait que plus ou moins 25000 français étaient encore bloqués, principalement sur des destinations très lointaines, mais aussi fortement dépendantes d'une stratégie délibérée, comme saint-denis de la réunion. il faut également comprendre qu'air france en proie comme toutes ses consoeurs à la crise de ce secteur qui n'en finie plus a pris il y a plusieurs mois des mesures en termes de réaménagement de flotte et de réseaux protégeant d'abord ses intérêts financiers et ceux de ses actionnaires plutôt que d'aider un tant soi peu correctement ses clients en déroute. globalement, il n'y a plus un seul avion en réserve pour gérer ce type d'évènements

gageons en effet qu'air france et les autres aient enfin rapatrié tous ces passagers en galère d'ici la fin de ce week-end. c'est uniquement par la suite que l'on pourra établir en effet un bilan, même tiré vers soi.