avionsdeligne

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

jeudi 13 mai 2010

d'autres commandes

on nous fait croire que le marché des constructeurs d'avions civils est sinistré. alors, certes nous sommes loin de ces années d'hystérie en nombre de commandes poussant à outrance la surcapacité de transporteurs aériens malmenaient par ailleurs.

il y a cependant des commandes importantes qui tombent régulièrement à l'image de celle passée en 2009 mais dévoilée seulement maintenant par bombardier aéronautique pour dix q400, dont cinq options, à la filiale régionale d'all nippon airways. embraer a également révélé la conversion du polonais lot de quatre emb175 en nombre similaire d'emb195. enfin, federal express est le client caché de quatre 777 présentés anonymement dans le récent rapport de commandes de boeing. il y figure également dix-huit 777-300er supplémentaires pour un opérateur non identifié.

c'est fort honorable et je pense plutôt que le marché est redevenu raisonnable poussant maintenant les deux grands constructeurs, airbus et boeing, à réinventer leurs gammes de moyen-courriers avant que ce soit bombardier aéronautique et embraer qui le fassent !

mardi 4 mai 2010

n'est pas olympic qui veut

rediffusion du billet édité pour la première fois le 2 février 2005

319noa.jpg

"la grèce n'a pas froid aux yeux quant il s'agit d'appliquer le droit communautaire en matière de concurrence. n'arrivant toujours pas à privatiser sa compagnie aérienne nationale, olympic airways, le gouvernement grec en a transférés les actifs et le personnel à une nouvelle entité baptisée olympic airlines. ce tour de passe-passe a été ratifié grâce à une loi votée par le parlement grec dix jours avant que la commission européenne ne saisisse la cour européenne de justice. le recours a été déposé suite à la non-application par les autorités grecques de la décision de la commission lui sommant de récupérer les aides financières directes et indirectes, soit environ 194 millions d'euros, allouées à l'ancien transporteur.

un peu plus d'un an après, l'avocat général de la cour de justice européenne a rendu aujourd'hui ses conclusions. considérant clairement la loi grecque comme une entrave à l'exécution de l'arrêt de la commission, il estime que la grèce n'a que tardivement procédé au recouvrement des sommes, tout en soulignant que les actifs restants d'olympic airways ne seraient peut-être pas suffisants pour régler l'addition.

le gouvernement grec essaye de se séparer de sa compagnie nationale depuis 2001, date à laquelle il a lancé plusieurs appels d'offres infructueux à ce jour. Malgré, ce changement d'identité circonstancié, olympic airlines a enregistré 23,1 millions d'euros de pertes en 2003."

réédition du 4 mai 2010 : tiens, comme c'est drôle ! la grèce faisait déjà parler d'elle il y a 5 ans. olympic airways, airlines, air, j'en passe et des meilleurs. appelez là comme vous voulez, elle ressemblait à l'état du pays lui-même. il ne faut pas s'étonner maintenant. d'autant plus, que je pense que l'industrie du transport aérien est un baromètre de l'économie mondiale. aujourd'hui la structure enfin privatisée qui porte la devenue régionale olympic air s'appelle pantheon airlines. c'est sûr, le jour où elle disparaîtra, elle ne le rejoindra pas... le panthéon.

photo airbus a320-200 : (c) anthony j. best

vendredi 23 avril 2010

on achève aussi les avions

rediffusion du billet édité pour la première fois le 26 janvier 2005

712trs.jpg

"c'est le 14 janvier dernier, que boeing a relégué en seconde partie d'un communiqué financier la fin du programme 717. c'est le deuxième programme civil que l'avionneur américain met au placard en moins d'un an et demi. ne se vendant plus, le 757 et ses quatre versions avaient déjà été remisées en octobre 2003. développé en 1995, l'appareil était connu sous le nom de mcdonnell douglas md-95, avant que le constructeur de long beach se fasse racheter en 1997 par boeing. rebaptisé 717 pour mieux coller à la logique de numérotation commerciale de l'avionneur de seattle, il était la quatrième version modernisée de l'antique dc-9 dont la conception remonte au début des années soixante. prévu pour le transport d'une centaine de passagers, le 717 n'a jamais réussi à prendre sa place dans le catalogue de boeing, faisant même de l'ombre au plus petit des 737, le -600, d'une capacité d'emport similaire. il a été vendu à 169 exemplaires, dont 63 à la "low-cost" américaine airtran airways.

la décision a été prise avec l'accord de harry stonecipher, nommé il y a un an environ président-directeur général de boeing après la démission de phil condit sur fond de scandale militaire. l'ironie de l'histoire c'est que harry stonecipher fut à l'origine de la fusion avec boeing en 1997. à l'époque, il était également président-directeur général, mais de mcdonnell douglas et venait de démarrer son dernier programme civil, le md-95."

réédition 23 avril 2010 : drôle de fin pour un programme qui aura été décliné en autant de versions que son ancien rival, le 737. la gamme made in boeing n'est pas prêt de décrocher et devrait normalement atteindre les 10000 commandes avant qu'un vrai successeur lui soit trouvé. j'y reviendrai plus longuement lors d'une note qui se penchera sur les nouveaux enjeux des monocouloirs de 100 à 140 sièges.

photo boeing 717-200 : (c) airtran airways

jeudi 22 avril 2010

et de 1000... !

rediffusion du billet édité pour la première fois le 20 janvier 2005

CR2DLH.jpg

"vous l'avez certainement remarqué, mais les liaisons régionales au départ de nos grandes plates-formes de transit sont de plus en plus exploitées par des petits avions à réaction. conçus par plusieurs constructeurs pour le transport de 30 à 110 passagers, ils sont proposés aux compagnies aériennes en tant qu'alternative aux appareils à hélices bruyants mais surtout plus lents. certains modèles sont même utilisés par les transporteurs traditionnels mais également par les "low-cost" pour défricher de nouvelles routes.

c'est en 1992 que l'avionneur canadien bombardier aéronautique fut le premier sur ce créneau en livrant à la filiale régionale de lufthansa son premier crj ou "canadair regional jet". dérivé de son célèbre avion d'affaires "challenger", la famille crj200, qui comprend aussi les crj100 et crj440, est équipée d'une cinquantaine de sièges. depuis, l'industriel a développé des versions allongées : les crj700 et crj705 d'une capacité de 70 passagers et le crj900 capable d'emporter environ 90 personnes.

plus de dix ans après le début de cette révolution aérienne, bombardier aéronautique vient de livrer le millième exemplaire de sa famille crj200. et c'est sur un air de patriotisme bien pensé que la filiale régionale d'air canada, jazz, a eu l'insigne honneur de cet évènement.

réédition 22 avril 2010 : la famille crj a difficilement poussé, CSeries oblige. mais bombardier aéronautique va une énième fois proposer un long rejeton sous couvert d'une famille de nouvelle génération, le crj1000 de 100 sièges. à condition de passer la phase de certification retardée et maintenant prévue d'ici fin 2010, début 2011."

photo bombardier aéronautique crj200 : (c) bombardier aéronautique

l'autre manière d'exploiter l'a380

rediffusion du billet édité pour la première fois le 20 janvier 2005

380x4.jpg

"air france a récemment annoncé qu'elle serait la première compagnie aérienne européenne à déployer l'airbus a380. dès avril 2007, new-york et montréal seront les premières destinations desservies par les super-jumbos du transporteur français depuis sa plate-forme de paris-charles de gaulle. c'est dans ce contexte que le président-directeur général d'air france, jean-cyril spinetta a déclaré, lors de la présentation officielle de l'appareil avant-hier à toulouse, une réduction d'environ 15% des tarifs de ces deux liaisons. une seconde baisse de 24% serait même à l'ordre du jour en 2008. ce genre d'annonce est facilitée par un avion dont le coût d'exploitation estimé par siège est inférieur de 15 à 20% à ceux proposés par la concurrence et en particulier les boeing 747-400, 777-200ER et 777-300ER équipant également l'ancien transporteur national.

fraîchement privatisée, air france compte bien se servir de l'a380 comme d'une arme destinée à asseoir sa nouvelle position de première européenne acquise par le rachat de la néerlandaise klm. il est fort probable qu'en opérant un avion bénéficiant déjà d'un statut mythique, de plus sur deux routes affichant un très fort taux de remplissage estival tout en en baissant les prix, la compagnie française fasse d'une pierre deux coups. d'abord en s'appropriant des parts de marché sur le dos d'une concurrence nord-américaine toujours affaiblie par les événements de 2001 et qui bien sûr ne sera pas équipée de l'a380. ensuite à travers une démarche "low-cost" en stimulant une nouvelle clientèle sensible aux bas tarifs. cette action tarifaire devrait au passage calmer toute initiative de compagnies à bas coûts souhaitant s'installer sur l'atlantique-nord.

reste à savoir si l'opération sera économiquement rentable. je ne doute pas un seul instant qu'air france possède dans son réseau plusieurs liaisons capables d'éponger temporairement le déficit financier que pourrait générer une telle mise en service de l'a380."

réédition 22 avril 2010 : depuis la crise est passée par là et un nouveau président-directeur général officie à la tête d'air france. new-york et johannesburg sont les premières destinations et il n'est plus question de brader le prix des vols opérés avec le super jumbo.

photo : airbus a380-800 (c) airbus